L'hypothèse de l'origine orientale
Le théories des anciens sur les origines des Étrusques, s'accordaient à les faire arriver en Italie à partir de l'Orient; la seule divergence concernait l'identification du peuple dont ils étaient issus. Hérodote, histoiren grec né autour de 484 à Halicarnasse, est la principale source de cette hypothèse: dans ses célèbres "Histoires", il raconta qu'au cours d'une disette le roi de Lydie Atys, fils de Manes, decida de partager son peuple et d'en faire partir une moitié sous la direction de son fils Tyrrhénos. Celui-ci partit avec sa flotte de Smyrne et parvint chez les Ombriens, où il s'installa avec les siens et établit les villesqui donnèrent lieu à la culture des Tyrrhéniens ou Tyrrhénoi, ainsi que les Grecs appelaient les Étrusques. On ne connaît pas exactement l'époque à laquelle Hérodote se rapporte, mais on peut supposer que cela se soit vérifié à cheval des siècles XIIIème et XIIème av. J.C., à un époque légèrement postérieure à la guerre de Troie.


Tous les auteurs anciens, sous l'effet du prestige et de l'autorité du père de l'histoire, partagèrent cette idée d'une origine orientale des Étrusques. Hellanicos, un autre histoiren, ayant vécu au Vème siècle av. J.C., dans un passage de ses histoires, avance que Ceare (actuelle Cerveteri) à l'origine s'appelait Agylla et qu'elle fut fondée par les Pélasges, provenant de Thessalie; lorsque les Lydiens, conduits par Thyrrénos, assaillirent Agylla, l'un des assaillants s'approcha des murs et demanda le nom de la ville; du haut des remparts l'un des Théssales, au lieu de lui répondre, le salua par le mot "chaere". C'est ainsi que les Tyrrhéniens, dès la conquête de la cité, changèrent son nom et l'appelèrent Caere.

Ensuite, les chercheurs, partisans de l'origine orientale, affirmèrent que, pour ce qui est de la transformation des villages villanoviens en villes fortifiées, à l'époque du commencement de la civilisation étrusque, il a fallu adopter des techniques et une habileté administrative nettement plus performantes que celles dont avaient fait preuve les villanoviens mêmes. On en déduisit que de telles compétences avaient dû nécessairement être introduites de l'extérieur. D'autres témoignages archéologiques qui permettraient de prouver le bien fondé de cette hypothèse, sont les ressemblances apparues entre certaines tombes étrusques et d'autres l'Asie mineure, ainsi que certains aspects de la civilisation étrusque qui paraissent plus orientaux qu'italiques: le plaisir du luxe, l'amour pour les fêtes et pour les danses, certaines pratiques comme celle de l' hépatoscopie.

Plutôt qu'à une invasion massive, qui aurait eu lieu à un moment donné, on peut aussi envisager l'arrivée graduelle de l'extérieur de groupes de la même population, qui peu à peu se seraient intégrés avec la base villanovienne et lui auraient appris leurs usages et leur culture avant d'être totalement adoptés.

Comme preuve archéologique de cette hypothèse on peut citer la découverte, dans l'île de Lemnos, aux alentours de la ville de Kaminia, d'une stèle funéraire avec une inscription en langue non grecque, laquelle n'a pu être interprétée que grâce à sa ressemblance avec l'étrusque, ce qui établirait une liaison entre cette langue et l'idiome qu'on utilisait à Lemnos au VIème s. av. J.C.. Bien que ne s'agissant pas de la même langue, il y a probablement des racines communes.

Hydre à figures noires avec le mythe de Polyphème, Cerveteri, Vième s. av. J.C.

indietro home avanti