|
Par Étrurie on désigne traditionnellement une zone délimitée par la Mer Thyrrénienne à l'ouest, au nord et au sud par deux rivières, respectivement l'Arno et le Tibre, à l'est par la chaîne des Apennins. On a coutume, en outre, de distinguer deux parties l'une
septentrionale et l'autre méridionale, que séparent encore une fois deux rivières: le Fiora, qui se jette dans la Tyrrhénienne, et le Paglia, affluent du Tibre.
La région côtière était sans doute insalubre. Nous possédons de nombreux renseignements grâce aux sources historiques sur cet état de choses. Ainsi Pline le Jeune affirmait que sur la côte soufflait un air malsain et miasmatique. Le poète Rutilius Namatianus décrivait la côte étrusque entre Gravisca et Cosa comme un paysage de ruines et de puanteur. La malaria était un problème de cette région, au tout début de la civilisation étrusque, surtout parce qu'on ne lui connaissait pas de remèdes. Il est probable toutefois que les Étrusques parvenaient à en réduire nettement la diffusion grâce à des ouvrages de génie hydraulique, où ils étaient passés maîtres (ainsi que le prouvent les égouts et les travaux d'écoulement des eaux qu'ils réalisèrent à Rome au cours de la période de la monarchie). Ils surent donc promouvoir des ouvrages d'assainissement et de drainage, en plus du déboisement et du réaménagement des sols, et mettre au point des méthodes sophistiquées de construction, publique et privée, palliant ces inconvénients..
En tout cas, les différents groupes éprouvant des difficultés à communiquer entre eux, les différentes villes adoptèrent la typologie de la
cité-état,
largement indépendante, comme ce fut le cas en ce qui concerne les premières villes grecques, les
polis.
L'Étrurie produisait des céréales en abondance, au point de constituer dans certaines circonstances le grenier de Rome: des blés tendres, durs, de l'épautre, du millet. Les vins Étrusques étaient connus et appréciés par les les Grecs et les Romains. On cultivait le lin pour en faire des vêtements, des voiles, des filets pour la chasse et pour la pêche. Les oliviers ne manquaient pas, ni les arbres fruitiers. Et ce n'étaient certes pas les outils qui faisaient défaut, puisque les Étrusques ne manquaient pas de métaux ni d'artisans accomplis pour en fabriquer de toutes sortes: houes, bêches, serpes, faux, charrues.
Profitant de riches pâturages on élevait vaches, cochons, chevaux, moutons et même les abeilles. Curieusement, on rappelle que les Étrusques avient l'habitude de conduire les troupeaux de porcs grâce à une sorte de clairon, le buccin. La pêche aussi était florissante, ainsi que nous l'apprend, entre autres, le site de Pyrgi, l'un des principaux points d'approvisionnement même pour les marchés romains, où l'on pratiquait intensément la pêche au thon.
Le ressources minières étaient les plus importantes du monde civilisé de l'époque. Leur base était surtout l'île d'Elbe et ses gisements. Là, l'extraction du fer fut précédée de celle du cuivre. Le matériau était transporté à Populonia, sur la côte en face de l'Elbe, où il y avait une grande fonderie; les forges étaient situées ailleurs. L'une de celles-ci, fort importante, se trouvait à Pouzzoles, en Campanie.
|