La piraterie
La tentative des anciens romains de repousser à des époques mythiques les premières expressions de la puissance sur mer des Étrusques s'oppose au point de vue des historiens grecs, qui ont toujours considéré le peuple Étrusque comme un peuple s'adonnant à la piraterie, pratiquée notamment dans les zones à caractere stratégique de la Thyrrénienne, comme le détroit de Messine ou la zone comprise entre l'Elbe et la Corse.
Cette tradition de l'attribution du caractère de piraterie aux Étrusques doit en tout cas être ramenée à de plus justes proportions: il faut rappeler qu'à l'époque dont il est question il était normal que des hommes forts, dotés de prestige et de charisme sur certains groupes, se consacrent au commerce sur mer qui consistait souvent à atteindre des villages isolés le long des côtes et à les piller, augmentant ainsi leur renommée, leur valeur et naturellement leur pouvoir économique. La frontière qui séparait la piraterie d'une démarche commerciale opérationnelle énergique et dépourvue de préjugés était fort mince.
Homère lui-même dans son Odyssée, raconte que Nestor, en accueillant Télémaque à Pylos, lui demande ouvertement s'il est arrivé jusque là pour exercer le commerce ou la piraterie, et Télémaque ne se formalise nullement de pareille question.
La piraterie était sans doute une activité qui conférait un prestige plus grand que le simple commerce, et c'étaient des sortes de "princes" possédant des navires et des équipages qui l'exerçaient.
Une telle activité ne prit ses caractères négatifs qu'à une époque plus tardive, avec le triomphe définitif des villes et des institutions: Les simples commerçants, dans un tel contexte, parviennent à s'enrichir remarquablement par les simples échanges et commencent à prétendre de la part des institutions une défense contre les raids des pirates qui deviennent de ce fait des hors-la-loi.