La Peinture
Comme pour les autres formes d'expression artistique, si l'on en juge sur le base de ce qui a été retrouvé, la peinture posséda en Étrurie des connotations principalement funéraires, associées aux fresques des chambres tombales. Bien qu'il existe de rares restes de plaques fictiles peintes (telles que celles de Cerveteri) qui étaient destinées à décorer les habitations, comme une sorte de panneaux, la quasi totalité des peintures qui sont parvenues jusqu'à nous proviennent de décorations des nécropoles, et parmi celles-ci la prenmière place revient de droit à celle de Tarquinia, avec ses dizaines de tombes peintes de la zone de Monterozzi, que l'on peut dater de la période allant du VIème au Ier s. av. J.C. Mais d'autres tombes peintes se trouvent à
Véies,
Clusium,
Cerveteri,
Vulci et
Orvieto.
Les représentations, aux couleurs très vives, montrent en général une grande joie de vivre, même si on y retrouve parfois de farouches figures de démons des enfers. Le choix des sujets se faisait en fonction de l'exigence de recréer au profit du défunt le milieu et les modes de sa vie terrestre, à commencer par les moments les plus agréables et significatifs, surtout de ceux qui caractérisaient le mieux le statut social de la famille. Parmi les sujets les plus fréquemment représentés il y a les scènes de banquets, de danses, de compétitions sportives, de luttes, de chasse et de pêche, qui permettent aujourd'hui d'éclairer d'une vive lumière les modes de vie quotidiens des Étrusques. La structure de la composition était plutôt simple, avec un goût prononcé pour une certaine symétrie dans les combinaisons, se fondant sur la représentation opposée de figures dans la structure des parois tombales. Le choix de la couleur était souvent conforme à des codes représentatifs bien précis, tels que par exemple le rouge-brun pour la peau des hommes et le blanc pour celle des femmes. L'usage d'entourer d'un trait foncé les figures a toujours été essentiel. C'est à l'intérieur de la surface ainsi délimitée qu'on étalait la couleur, ce qui conférait plus de relief au dessin.
Les techniques de peinture furent d'abord très simples: on polissait les parois de la tombe, on délimitait par un trait gravé la surface à décorer et on appliquait directement les couleurs: le blanc, le rouge ocre, le jaune, le noir et plus tard le bleu et l'azur. La technique de la fresque est plus récente: on enduisait la paroi d'un mélange d'argile et sur cette couche on en étalait une deuxième de chaux sur laquelle les artistes appliquaient les couleurs dissoutes dans de l'eau simple ou dans de la laitance.
On peut admirer les plus célèbres exemples de fresques murales dans les
Tombes des Augures, de la
la Chasse et de la Pêche ,
du Triclinium,
des
Léopards
et des
Lionnes.