L'ensemble thermale des Aquae Caeretane
A u cours de l'été 1988 on effectua une découverte exceptionnelle, parvenant à identifier dans un site que la
SAEM
était en train d'explorer, au lieu-dit Pian della Carlotta, l'ensemble des Aquae Caeretane, découvrant une partie minimale de la structure thermale afférente. Le problème de la détermination de l'emplacement exact de ce site a été l'une des questions dont se sont occupés un grand nombre de chercheurs jusqu'à nos jours. Tite-Live citait cet endroit à propos des prodiges qui se vérifièrent au cours de la deuxième guerre punique, et qui provoquèrent la coloration rouge des eaux du fons Herculis près des Aquae Caerites. Un concept analogue fut repris par Valère Maxime, alors que Strabon en décrit la grande affluence encore à l'époque de Tibère. Enfin le grand chronographe Caelius Aurelianus, à une époque plus tardive, les cite dans une liste des eaux thermales les plus chaudes du sol italique. Il est émouvant de pouvoir voir des structures pour lesquelles il existe autant de témoignages précis et incontestables dans les sources anciennes.
Du site apparaissent pour le moment un caldarium, un tepidarium et certaines pièces de service qu'on peut considérer comme appartenant au site d'Aquae Caeretane grâce à la découverte de deux dédicaces, qui ont permis également de déterminer les cultes rattachés à cet ensemble.
La première de ces dédicaces est une petite colonne votive d'un mètre environ qui devait soutenir (ainsi que le prouvent les mortaises) une statue ou l'objet dédié. L'intérêt de ce document est lié au fait que dans le cas précis la dédicace est associée à Jupiter et non pas à Hercule ou à Apollon comme on pourrait s'attendre, vu le témoignage de Tire-Live citant un fons Herculis rattaché aux Aquae Caeretane et l'association classique en Étrurie des thermes et du culte d'Hercule.
La deuxième dédicace, sur une table d'autel en marbre décorée de têtes de lions, est d'un certain Lucilius Pontilius et se rapporte elle aussi à Jupiter. On peut dater la première épigraphe du début de l'époque impériale, la deuxième ne dépasse pas le milieu du 1er s. ap. J.C.
Una troisième inscription permet de résoudre la problématique relative au culte rattaché à la source (le fons). Il s'agit d'un petit cippe en marbre qui devait soutenir un donarium, ainsi que le laisse supposer la présence de trous, où il est précisé qu'un fidèle a fait un voeu à Jupiter et à Hercule des Thermes de Caere. On peut avancer, par conséquent, qu'en plus de confirmer l'importance première du culte de Jupiter, l'inscription témoigne la persistance d'une tradition religieuse ayant pour objet Hercule et qui remonte à la période étrusque.
Actuellement, à la suite des fouilles, sont visibles deux grandes pièces, l'une et l'autre dotées de piscine, la première étant un caldarium rectangulaire entouré de douze pilastres revêtus de marbre, la deuxième un tepidarium, rectangulaire lui aussi, dont la paroi de fond conserve un début de voûte. Dans un secteur limitrophe on a mis au jour trois autres pièces, destinées peut-être à un public féminin.