Les murs polygonaux de la
Casa della Legnaia

La présence de l'enceinte de murs polygonaux affleurant des champs et partiellement englobés dans les structures extérieures du village renaissance de Santa Severa, a amené les chercheurs, dès le XVIIème siècle, à déterminer l'emplacement de l'ancienne Pyrgi sur le site même du Château de Santa Severa. Le murs dans la Legnaia Le problème de la datation des structures construites en grands blocs polygonaux a occupé depuis toujours les archéologues, même si beaucoup y reconnaissaient une enceinte fort ancienne, même préromaine, due aux fondateurs du sanctuaire de l'aire sacrée de Pyrgi.

Après différentes hypothèses qui se sont succédées au fil des années, la carte archéologique de cette zone publiée en 1957 par Castagnoli et Cozza, offre pour la première fois une vision diachronique du site, proposant le rapport entre le rectangle de l'enceinte polygonale, rattachable à la colonie maritime romaine (264 av. J.C.), et le site étrusque, plus étendu vers le sud. À cette période la connaissance de l'enceinte de la colonie était limitée à des pans assez longs des côtés est, nord, sud-est et nord-ovest, et à la position des portes respectives. En ce qui concerne la partie sud-occidentale, côté mer, la cartographie du fond marin réalisée en 1974 avait permis d'en enregistrer l'évolution fortement oblique, près de l'angle méridional. On associa à cette constatation la présence de blocs polyédriques de grès cimentés au pied du grand mur soutenant la Spianata des Signori (Esplanade des Seigneurs), qui avaient été récupérés mais s'avéraient utiles pour indiquer que la muraille passait alentour. Ces éléments permirent en 1985 à J.R. Brandt de présenter la première hypothèse de reconstitution spécifique concernant le développement de l'enceinte en opus polygonium et, en 1988, la détermination d'un pan de mur ultérieur, englobé dans les bâtisses médiévales et renaissance du Château, notamment dans les pièces de la Legnaia (le Bûcher), par B. Frau, qui en a ainsi précisé davantage le parcours.

Les murs sont d'épaisseur variable, construits en blocs de grès local, et englobent une surface totale de 5,5 hectares: une étendue remarquable, plus que double par rapport à celle qu'entourent les murs des colonies maritimes d'Ostie et Minturno, par exemple.

Les restes du côté de la mer les plus conséquents et accessibles sont ceux auxquels l'on parvient par une trappe dans la cave de la Legnaia. La variété des techniques de construction appliquées et du type de finition des surfaces, illustre efficacement la double fonctionnalité des murs: vers l'intérieur la surface du mur est dans son état brut, s'appuyant au terre-plein qui est à l'arrière; vers l'extérieur, la surface des murs, à plomb, est polie et unie, ce qui augmente l'efficacité défensive du dénivellement subséquent.



indietro home avanti